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La Sagesse

Salomon

Es-tu, en vérité, impie ? C’est très simple, cher ami : si tu penses que « courte et triste est notre vie » ou que l’« on ne connaît personne qui soit revenu de l’Hadès », alors tu es malheureux comme l’impie. Salomon fait taire ici qui sépare de tout temps les croyants, petit clan de primitifs plus ou moins superstitieux réunis autour du chaman local, et les incroyants, individus fiévreux de doute et de raison. Il y eut des hommes égarés, sans aucune aventure, sans aucune expérience. Et il y eut des hommes ivres, des hommes ivres de Joie, nés plus d’une fois dans leur vie. Il y eut, il y a, et il y aura la Sagesse éternelle.

Et il y a aussi ceci : la Sagesse n’est pas un horizon qui ne se touche qu’avec les yeux, elle est une personne qui se rencontre un beau jour de printemps, à midi au soleil. « Qui se lève tôt pour la chercher n’aura pas à peiner : il la trouvera assise à sa porte ». Ce n’est pas que la Parole de Dieu soit une loupiote sur la route, elle est plutôt une torche, un brasier incendiaire, une grande lumière venue du ciel.

Pourquoi alors se contenter de cacahuètes métaphysiques ? De plaisirs toujours plus amers ? « Vous qui ne cherchez pas de prétexte comme ceux qui se dérobaient dans les Evangiles, venez donc, venez. Mangez dans ce livre le pain de la Sagesse, enivrez-vous du vin de l’amour », et dites donc comme elle : « Enlevez-vous d’ici montagnes du malheur, et allez barboter dans des marais de grandes personnes, allez-vous jeter dans des rivières sans courant ! Car la Joie, aujourd’hui, se promène parmi nous »

Hubert Martin